17 octobre 2012 : Atelier dédié aux études de la DATAR : systèmes urbains et métropolisation

Un nouveau séminaire du réseau national des pôles métropolitains s’est tenu mercredi 17 octobre 2012 à Paris dans les locaux partagés de la rue Joubert. A cette occasion, Philippe Matheron, chef de mission métropole de la DATAR a présenté les résultats de deux études portant sur une analyse comparée des métropoles en Europe et sur les systèmes urbains français. Souvent confortés, quelques fois en décalage avec les périmètres identifiés par l’analyse, les pôles métropolitains et les projets de pôles à l’étude se sont nourris de ces travaux.

Le 5 juillet 2012, la deuxième journée nationale du Réseau des pôles métropolitains concluait une année de séminaires de travail sur les politiques métropolitaines. A cette occasion, la Datar avait fait état, de façon synthétique, de deux études consacrées aux systèmes métropolitains français et européens. Le 17 octobre, dans les locaux mutualisés du GIE Joubert, Philippe Matheron, le chef de la mission métropole de la Datar a présenté en détail ces études devant une centaine d’acteurs locaux des pôles métropolitains. 


Les deux études s’intéressent au degré de métropolisation des systèmes urbains français à travers l’analyse de l’intensité de flux de différentes natures (économiques, communication, recherche, etc.) entre les aires urbaines. Les études montrent ainsi clairement que les interactions privilégiées entre les 354 aires urbaines définies par l’Insee en 1999 forment 26 « systèmes urbains de proximité ». Certains de ces « systèmes » regroupent quelques aires urbaines (5 pour le système urbain d’Auxerre), d’autres sont beaucoup plus vaste (30 aires urbaines pour le système Lyon-Grenoble). 
A partir de cette information, les élus locaux et cadres territoriaux présents dans la salle ont pu comparer les contours des projets de coopération métropolitaine engagés avec le traitement statistique des dynamiques métropolitaines réellement à l’œuvre. Si les résultats de l’étude confortent certains projets de coopération métropolitaine, d’autres apparaissent en revanche en décalage avec l’approche statistique. 
Les échanges ont particulièrement pu se nourrir de l’exemple de Brest Métropole (à l’échelle du Pays et du Grand Ouest Breton-ligérien) qui fait coexister plusieurs projets afin d’appréhender ses différentes extensions métropolitaines. Le Sillon Lorrain, par la voix de Gérard Rongeot, le Pôle lyonnais, par la voix de son directeur, Philippe Prudhomme, ont également pu réagir aux résultats de l’étude. Des pôles en cours de préfiguration ont également apporté leurs contributions aux débats, à l’image de Nîmes-Alès, du G10 autour de Reims, de l’Aire 198 constituée par les agglomérations chefs-lieux des quatre départements de la région Poitou-Charentes (Angoulême, Poitiers, Niort et La Rochelle). 
Enfin, le débat s’est recentré sur la Région Nord-Pas-de-Calais avec les interventions de Patrick Chèvre, DGS de Dunkerque Grand Littoral, de Jean-Marc Plouvin, directeur du Syndicat mixte du pôle métropolitain de la Côte d’Opale récemment créé, de Nicolas Rossignol, directeur de la prospective du Conseil général du Pas-de-Calais, et de Hervé Decaux, directeur de l'association Aire métropolitaine de Lille. Ce regard régional a mis en exergue la géométrie variable des projets de coopération métropolitaine (3 projets de coopération métropolitaine à l’échelle de la Côte d’Opale, du Bassin minier et du Hainaut).


Les études de la DATAR saluées 

Par ailleurs, les intervenants ont salué la qualité des travaux de la Datar qui mettent en exergue les flux et l’intensité des échanges entre les territoires renouvelant ainsi considérablement les cadres de l’action publique en dépassant la notion de stock. Pour la plupart d’entre eux, ils estiment que les projets de coopération métropolitaine permettent d’appréhender ces logiques de flux entre les territoires urbains, en matière de développement économique, de soutien à l'enseignement supérieur et à la recherche, de politique de déplacement mais également en matière de développement culturel et touristique. 
En conclusion du séminaire, plusieurs intervenants ont insisté sur l’importance de telles études mais également sur le besoin de les approfondir et de les prolonger. Les questions sociales et environnementales sont par exemple absentes du cadre d’analyse de la Datar. De même, plusieurs participants ont insisté sur le besoin d’étudier plus en avant les pratiques relevant du fonctionnement intrinsèque des projets de coopération métropolitaine, qu’il s’agisse de l’habitabilité de ces espaces ou du degré d’intégration fonctionnel des EPCI qui composent le pôle mais également avec leurs hinterlands (ou espaces interstitiels).

Documents de préparation

Supports de séance